Hugo Claus (1929-2008), un des plus grands écrivains belges contemporains de langue néerlandaise

Hugo Claus (1929-2008), un des plus grands écrivains belges contemporains de langue néerlandaise

Il y a aujourd’hui dix ans exactement que décédait l’écrivain flamand Hugo Claus. Il avait 78 ans.

Pour beaucoup, Hugo Claus est le plus grand écrivain flamand de la seconde moitié du XXe siècle. Il a reçu en 1986 le prix triennal des Lettres néerlandaises, la plus haute distinction littéraire en néerlandophonie. Auteur prolifique, il a touché à de multiples domaines, publiant plus de vingt romans, des dizaines de pièces de théâtre et des milliers de poèmes. Il a en outre exercé ses talents comme artiste peintre et réalisateur de cinéma.

Mieux que tout autre, Claus avait l’art de varier les registres, alternant avec bonheur le tragique, le sublime, le classique, le burlesque et l’obscène le plus plat. Ses thèmes de prédilection étaient l’amour pour la mère, le difficile contact avec le père (absent), la sexualité (naissante), le sentiment de culpabilité lié à la foi catholique, et la Flandre pendant et après la guerre. Au fil des années, “Septentrion” lui a consacré au total plus de quarante articles.

Une grande partie de l’œuvre de Claus a été traduite en français. Les traductions ont été publiées par différentes maisons d’édition, telles que Julliard, L’Âge d’homme (principalement le théâtre), Gallimard, le Seuil, les éditions du Fallois, Maren Sell et Le Castor astral. Vous trouverez ici la liste complète des traductions. Parmi les traducteurs de Claus les plus connus figurent notamment Maddy Buysse, Marnix Vincent et Alain van Crugten.

La traduction par ce dernier du roman “Het verdriet van België” a assuré à Claus sa notoriété auprès du public francophone. “Le Chagrin des Belges” a paru aux éditions Julliard en 1985. Dans un article du n° 2 / 2008 de “Septentrion”, publié peu après le décès de Claus, Alain van Crugten a expliqué de passionnante manière les tenants et aboutissants de sa traduction. Vous pourrez relire cet article ici.

Ces dernières années, une recrudescence d’intérêt semble se faire jour dans le monde francophone pour le théâtre de Claus, qui a d’ailleurs été fortement influencé par les idées d’Antonin Artaud. Plusieurs pièces de Claus ont récemment été rejouées sur scène, notamment en Belgique francophone. Pour en savoir plus à ce sujet, voyez ici l’article de fond paru dans le n° 3 / 2006 de “Septentrion”.

Le lectorat francophone est apparemment moins attiré par la poésie de Hugo Claus. Il faut cependant savoir que ce dernier, en tant que poète, a joué un rôle éminent dans l’histoire récente de la littérature de langue néerlandaise. Initialement, il a fait partie du groupe de poètes néerlandophones des années 1950 - les “Vijftigers” - qui étaient les adversaires déclarés de toute une série de conventions alors en vigueur en poésie.  Les “Oostakkerse gedichten” (1955) de Claus ont tout de suite marqué les esprits. Ce recueil serait traduit plus tard en français par Maddy Buysse.

Hugo Claus a participé à diverses présentations littéraires organisées par “Ons Erfdeel vzw”, l’institution culturelle éditrice de “Septentrion”. Les lectures qu’il a données de son oeuvre poétique ont laissé forte impression, entre autres à Lille, à Paris (à l’ancien Institut Néerlandais), à Luxembourg et à Namur (au Théâtre royal). Voyez à ce propos notre galerie de photos ci-dessous consacrée à Hugo Claus. L’équipe de “Ons Erfdeel vzw” garde de Hugo Claus le souvenir d’un homme aimable et loyal, avec qui c’était un vrai plaisir de travailler.

 

Hugo Claus

 

Photo : Hugo Claus lisant un de ses poèmes, le 22 mars 1990, lors d'une soirée littéraire organisée par la rédaction de "Septentrion" à l'Institut Néerlandais de Paris. 

Belangrijke blogartikelen

Blijf op de hoogte

Abonneer je op de RSS-feed