"Où se trouve Manneken-Pis ?"

"Où se trouve Manneken-Pis ?"

Récemment, déambulant dans les rues de Bruxelles comme cela lui arrive régulièrement, votre serviteur a été pour la énième fois abordé par un touriste qui cherchait Manneken-Pis.

Pourquoi le nier? Jusqu’il y a peu, votre serviteur éprouvait une sorte de gêne chaque fois que quelqu’un lui demandait de lui indiquer le chemin pour la célèbre petite statue de bronze. Comment, se disait-il, ce petit bonhomme joufflu arrosant généreusement le parterre de son urine, est-ce là l’emblème d’une ville, d’un pays? Allons, franchement! Il y a tout de même des statues et des sites plus intéressants à voir dans la capitale belge. C’est ce que votre serviteur tentait chaque fois de faire comprendre aux touristes. Peine perdue: manifestement, Manneken-Pis exerce un pouvoir d’attraction auquel peu de gens résistent.

Mais passons maintenant aux aveux. Eh bien, oui, votre serviteur s’est pris peu à peu d’une certaine sympathie pour Manneken-Pis. Il trouve touchant de voir que bon nombre de Bruxellois se reconnaisssent dans ce petit bonhomme et en font non seulement le symbole de leur personnalité, qu’ils veulent volontiers espiègle et irrévérencieuse, mais aussi l’expression d’une saine autodérision.

Un brin d’information ne semble pas inutile pour situer la statuette dans son contexte historique.

Tout au début de son existence, Manneken-Pis était une fontaine des plus banale qui, au XVe siècle, jouait un rôle essentiel dans l’approvisionnement de Bruxelles en eau. En français, la statuette portait encore à l’époque le nom de “Petit Julien”, par référence à l’ancienne fontaine “Julianekensborre”.

L’original de la statuette actuelle est l’œuvre du sculpteur Jérôme Duquesnoy l’Ancien, qui l’a réalisée en 1619. En août 1695, Louis XIV crut bon de soumettre le centre de Bruxelles à un tir nourri, si bien que près de la totalité des maisons entourant la Grand-Place partirent en fumée. Mais le bombardement n’eut pas raison de Manneken-Pis, dont l’héroïque résistance assura définitivement la réputation. Cette renommée n’allait cesser de grandir dans la suite. Bientôt, les grands événements seraient autant d’occasions de lui enfiler un habit spécial pour lequel on ne lésinerait pas sur le prix. Il en résulte que le petit bonhomme n’est pas peu fier de posséder aujourd’hui une imposante et luxueuse garderobe, qui s’enrichit encore chaque année d’une quinzaine de nouveaux costumes.

Dans toute ville, hélas!, les mauvais plaisants n’ont cessé de causer des dégâts ou déprédations. Bruxelles n’échappe pas à la règle. Certains malfrats ont estropié la statue, d’autres ont même essayé de la voler. Aussi la Ville de Bruxelles a-t-elle décidé en 1965 de confier Manneken-Pis à son Musée communal, dans la maison du Roi. L’effigie devant laquelle viennent s’esbaudir tant de touristes n’est donc qu’une copie.

Si quelqu’un lui demande où se trouve Manneken-Pis, votre serviteur l’aiguillera désormais sans honte vers la fontaine au croisement de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne, mais aussi vers le 19 de la rue du Chêne (qui abrite la garderobe), et naturellement aussi vers la maison du Roi, sur la Grand-Place.

Deze artikels interesseren je wellicht ook:

Belangrijke blogartikelen

Blijf op de hoogte

Abonneer je op de RSS-feed