Un "Office public pour la langue flamande" ?

Lors de l’assemblée générale de la "Akademie Voor Nuuze Vlaemsche Taele / Institut de la langue régionale flamande" qui s’est tenue le 8 avril dernier à Cassel (département du Nord), M. Xavier Bertrand, président du Conseil régional des Hauts-de-France, est venu exprimer son soutien pour la “langue flamande”. Il a réitéré en cours de séance l’engagement de la région Hauts-de-France en faveur de la création d’un "Office public de la langue flamande".

La région est disposée à assurer un cofinancement de cette initiative à condition, a répété M. Bertrand, que soit assuré aussi le soutien d’autres partenaires, tant privés que publics. Valérie Vanhersel et Bénédicte Crepel, toutes deux conseillers régionaux, travaillent à la rédaction d’une note préparatoire qui devrait être prête en juin. L’objectif de ce nouvel Office est de professionnaliser davantage encore l’étude et la promotion du “flamand”. En plus, M. Bertrand veut agir au mieux afin de faire inscrire le “flamand” sur la liste des langues régionales susceptibles d’être enseignées dans les écoles françaises.

M. Bertrand a aussi promis une intervention financière de la part de la région pour l’installation de panneaux “bilingues” aux frontières des communes de Flandre française. Enfin, M. Bertrand songe encore à proposer le “flamand” dans les futures écoles de langues qu’il souhaite créer dans la région.

Il est bien étrange de constater que le lien entre le “flamand” en France et le néerlandais, la langue standard des voisins en Belgique néerlandophone et aux Pays-Bas, a éte passé sous silence. Qu’il soit possible de faire autrement, c’est ce que prouve M. Dorian Cumps, chargé de mission pour l'enseignement du néerlandais à l'Inspection générale de l'éducation nationale, dans son article publié dans les annales bilingues “De Franse Nederlanden - Les Pays-Bas Français” de 2016 (à lire ici).

Il est en outre assez bizarre de voir avancer des arguments contestables pour la promotion de l’apprentissage du “flamand”. Trouve-t-on en effet plus facilement un emploi en Belgique flamande parce qu’on parle le flamand? L’argument qu’il faut des chercheurs connaissant le “flamand” pour déchiffrer des documents historiques dans les Archives de Lille ne tient pas la route. Ces documents sont établis en néerlandais - en moyen néerlandais, il est vrai - mais certainement pas en “flamand”. Ni le néerlandais ni le “flamand” n’occupent une position de force dans cette région frontalière. Seule une coopération pragmatique, telle que la défend Dorian Cumps parmi d’autres, peut vraiment servir cette cause.

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