Les carnets musicaux secrets de Marguerite d’Autriche dévoilés au musée de Cluny

Les carnets musicaux secrets de Marguerite d’Autriche dévoilés au musée de Cluny

Dimanche le 17 février à 16.00 h et lundi le 18 février à 12.30 h aura lieu au musée de Cluny à Paris le concert / rencontre "Un jardin en Flandres". Les carnets musicaux secrets de Marguerite d’Autriche nous serons dévoilés par l’ensemble "Les jardins de Courtoisie", sous la direction d’Anne Delafosse.

Marguerite d’Autriche (1480 - 1530) est considérée par les historiens comme une femme d’exception. En tant que fille de l’empereur Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne, et grâce à différents mariages  - malheureux -, elle obtient une connaissance profonde de la diplomatie internationale. En 1506, elle exerce la régence des Pays-Bas durant la minorité de son neveu Charles Quint, qui lui confiera ensuite la gouvernance générale des Pays-Bas. Grâce à ses talents de négociatrice, l’Artois et la Flandre seraient soustraits au pouvoir du roi de France, décision à l’origine de la future frontière entre le néerlandais et le français.

Marguerite d’Autriche fut non seulement une vraie femme politique, mais aussi écrivaine de talent et mécène de nombreux artistes. Marguerite choisit Malines comme siège des conseils et comme centre littéraire, artistique et musical. Sa cour fut l’endroit en vue pour les humanistes et les artistes de la Renaissance. Elle-même écrit principalement de la poésie mise en musique par les compositeurs de ses cours successives. Sa bibliothèque témoigne de ce goût particulier pour la musique. Son «grand chansonnier», un manuscrit superbement enluminé, réunit 58 chansons des meilleurs compositeurs franco-flamands de son temps, comme Pierre de la Rue, Josquin des Prez, Antoine Brumel, Alexandre Agricola et Loyset Compère. Beaucoup de ces chansons évoquent l’amour et le regret et réfèrent ainsi aux infortunes de Marguerite d’Autriche. Citons, par exemple, le «Pour un jamais», composé sur un texte de Marguerite même, et le «Proch dolor», une déploration sur la mort de son père, Maximilien I.

Les trois interprètes de l’ensemble de musiques anciennes "Jardins de Courtoisie" se proposent de faire revivre quelques-unes des cinquante-huit chansons polyphoniques issues d’un manuscrit lui ayant appartenu.

Au cœur de ce répertoire typique de l’aire franco-flamande, laissez-vous charmer par les compositeurs préférés de Marguerite: Pierre de la Rue, Agricola, Compère ou encore Ockeghem.

Chant : Anne Delafosse
Violes : Catherine Arnoux et Nolwenn Le Guern

Réservations : ici

Photo : Bernard van Orley, portrait de Marguerite d'Autriche, vers 1518, huile sur bois.