Newton aux Pays-Bas

(K. Van Berkel) Septentrion - 1987, nº 4, pp. 21-25

Les "Philosophiae naturalis principia mathematica", en bref "Principia", publiés en 1687 par Newton, n'ont nulle part été acceptés si vite sur le continent - bien que non sans coup férir - que dans la République des Sept Provinces-Unies. L'auteur esquisse le contexte scientifique et historique de l'opposition aux nouvelles idées de Newton, où le savant physicien Christian Huygens et le grande influence de la pensée cartésienne furent les principales entraves à vaincre. En 1710, s'ouvre un débat entre Newton et Leibniz, et la revue haguenoise "Journal littéraire" est l'une des rares à s'en faire largement l'écho, grâce au rédacteur-juriste Willem Jacob 's Gravesande qui s'intéressait tout particulièrement à la physique et aux mathématiques. En 1713, Newton publie la seconde version de ses "Principia", où il répond à ceux qui critiquent sa théorie de la gravitation. Cette deuxième version est aussitôt acceptée à l'université de Leyde, à l'époque une des plus fréquentées d'Europe. Le nom à retenir dans ce contexte est celui de Herman Boerhaave, médecin et rector magnificus de l'université. Avec 's Gravesande - qui devint en 1717 professeur de mathématiques et d'astronomie - il met l'accent sur le caractère expérimental que doit revêtir l'étude des sciences de la nature. 's Gravesande est aussi l'homme qui entreprend une adaptation des "Principia" afin que l'œuvre de Newton soit accessible à l'enseignement et au grand public. Cette adaptation impliquait l'ajout de démonstrations empiriques antérieures à l'explication théorique, mathématique des phénomènes. C'est cet accent porté sur l'enseignement expérimental qui apparaît à l'auteur comme l'explication du rapide succès des idées de Newton dans la République néerlandaise.

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