Découvrez la poésie dans l'espace public des Plats Pays

Depuis un mur dans le plus modeste village de Flandre jusqu’à un banc dans la plus grande ville des Pays-Bas, la poésie est omniprésente dans l’espace public des Plats Pays. Mais les choses ne sont pas toujours claires quand il s’agit de savoir où elle est visible et à qui on la doit. Cela change grâce au site web www.straatpoezie.nl de la spécialiste néerlandaise de la littérature Kila van der Starre.

Kila van der Starre a rédigé à l’université d’Utrecht un mémoire sur le thème "poetry outside the book". Au début de l’année 2017, elle a ouvert un site web interactif reprenant les lieux de l’espace public où l’on peut découvrir des poèmes. Elle concrétise ainsi sa volonté d’investissement et d’archivage dans le domaine du patrimoine littéraire.

Un poème de Fernando Pessoa à Anvers. 

Si vous visitez le site Straatpoëzie.nl, vous verrez que la poésie se trouve à des endroits parfois inattendus: ponts, bancs publics, facades de gares, trottoirs. Vous pouvez chercher ces poèmes sur la carte et en ajouter vous-même. Vous pouvez aussi consulter une base de données en entrant un titre ou le nom d’un poète. Straatpoëzie.nl est un formidable moyen d’impliquer un large public dans la recherche scientifique, de faire ce que l’on appelle de la "science citoyenne".

Le 20 novembre a été marqué par l’apparition publique du deux millième poème, “Herkenning” (Reconnaissance) d’Ida Gerhardt. Vous le trouverez dans la "1ste Steeg" de la petite ville de Hattem en Gueldre (dans l’est des Pays-Bas). Avec 36 poèmes, Ida Gerhardt bat un record de popularité sur “Straatpoezie.nl”. Aucun autre poète des Plats Pays n’a donné à lire autant de poèmes dans l’espace public.

Le 2000e poème a constitué pour Kila van der Starre une excellente occasion de tirer certaines conclusions. La carte de Straatpoezie.nl  comporte actuellement quelque 2090 poèmes, composés par près d’un millier d’auteurs différents. La poésie peut se lire sur des murs, des toits, des statues, poteaux indicateurs, affiches, palissades, pavés, vitrages et autres supports. Les textes sont écrits suivant divers procédés: peinture, tubes néon, métal, bois, verre, autocollants, plastique, craie.

Ces poèmes de rue sont créés par des fondations et municipalités, par des riverains, écoles, propriétaires de commerces, poètes officiels de la localité et auteurs anonymes. Il y a des poèmes dans l’espace public en néerlandais, frison, anglais, français, arabe, portugais, chinois et dans bien d’autres langues et dialectes. Certains figurent sur des bâtiments qui datent du 17ème siècle, d’autres sur des immeubles beaucoup plus récents, d’autres encore ne sont présentés que de manière temporaire.

Si vous jetez un coup d’oeil sur le top 10 des poètes les plus présents dans "Straatpoezie.nl", vous serez frappé d’y trouver aussi bien des poètes vivants que des morts, des femmes comme des hommes, des auteurs renommés et d’autres qui le sont moins. De grands poètes disparus y côtoient des célébrités d’aujourd’hui, mais aussi des auteurs nettement moins connus, un pseudonyme ou encore un anonyme. Pareille variété tout en haut du tableau est totalement différente, par exemple, des poèmes qui emportent généralement les préférences pour les anthologies ou les manuels scolaires.

La thèse de doctorat de Kila van der Starre "Poetry in the Netherlands" montre que la rencontre de la poésie en dehors de son cadre traditionnel est une des façons dont, la plupart du temps, la population des Pays-Bas entre en contact avec la poésie. Kila van der Starre pose dès lors que la poésie de rue peut constituer un bon incitant en vue de l’introduction de la poésie dans l’enseignement.

Dans "Septentrion" ont paru quelques textes sur Ida Gerhardt (1905-1997).

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