L’opération aéroportée la plus meurtrière de la Seconde Guerre mondiale : le livre d'Anthony Beevor sur "Market Garden"

Dans son livre récemment traduit en français  "Arnhem. La dernière victoire de l'Allemagne",  le grand historien britannique Antony Beevor décrit à quel point était catastrophique l’ambitieuse opération "Market Garden" menée par les alliés en septembre 1944 aux Pays-Bas.

"Market Garden" visait à prendre le contrôle de ponts stratégiques traversant la Meuse, le Waal et le Rhin, afin de déjouer la défense allemande sur la ligne Siegfried, qui empêchait les Alliés de traverser le Rhin pour entrer en Allemagne. Grâce à une progression rapide par la Ruhr jusqu'à Berlin, ils espéraient ainsi que la guerre serait terminée avant Noël. C'est le maréchal Bernard Montgomery qui mit au point cette opération risquée, à laquelle participèrent 41 628 soldats aéroportés d'origine britannique, américaine et polonaise, soutenus par trois divisions de troupes au sol.

Beevor décrit comment la tentative de prendre les ponts a été un piège pour des milliers de parachutistes britanniques et polonais. Le prix à payer pour cet échec fut effroyable, en particulier pour les Néerlandais qui avaient tout fait pour aider leurs libérateurs éphémères. Les représailles allemandes furent cruelles et sans pitié, et ce jusqu’à la fin de la guerre. Quant à Nimègue et Arnhem - villes déjà victimes des bombardements américains dits "par erreur" en février 1944 -, elles se retrouvèrent, à l’arrêt des combats, dévastées et jonchées des cadavres d’innombrables jeunes soldats qui avaient payé de leur vie les erreurs de leur haut commandement. Quant aux pertes humaines, les unités aéroportées engagées comptaient plus de treize mille tués, blessés et disparus, soit plus d’un tiers des effectifs. Les Allemands avaient perdu trois mille quatre cents hommes. Fin septembre 1944, les Allemands tenaient toujours le Rhin sur toute sa longueur et allaient le tenir, aux Pays-Bas, jusqu’au 27 mars 1945. Quatre millions de citoyens, habitants des provinces de Hollande-Septentrionale et Méridionale, et d’Utrecht, allaient, jusqu’au 5 mai 1945, subir un siège effroyable au cours duquel entre seize et vingt deux mille personnes allaient perdre la vie à cause de la famine.

En puisant dans des archives souvent inexploitées néerlandaises, britanniques, allemandes, américaines et polonaises, Antony Beevor nous fait vivre la  terrible réalité d’une bataille dont le général allemand Kurt Student prédit avec lucidité qu’elle donnerait à l’Allemagne sa "dernière victoire".

Le récit de Beevor, lui-même ancien officier britannique et auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, nous plonge au cœur de la guerre, en rendant  hommage à des milliers d’anonymes oubliés. "Arnhem. La dernière victoire de l'Allemagne" a été traduit de l’anglais par Guillaume Marlière et a paru aux éditions Calmann-Lévy de Paris.

Le n° 2 / 2018 de "Septentrion" renferme un article, à lire ici, sur le projet "La Route de la Libération de l'Europe". Traversant neuf pays d'Europe, "La Route de la Libération de l'Europe" rassemble des milliers de données qui évoquent la libération de l’Europe occidentale du jour-J au 8 mai 1945.

Photo : Nimègue après l'opération "Market Garden", "US Archiv ARCWEB". 

 

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