LA SEMAINE DE LA POÉSIE EN NÉERLANDOPHONIE : un poème d'Erwin Mortier

LA SEMAINE DE LA POÉSIE EN NÉERLANDOPHONIE : un poème d'Erwin Mortier

Jamais deux sans trois. Voici le troisième poème que nous vous présentons à l'occasion de la "Poëzieweek" en Flandre et aux Pays-Bas.

"Sur le rebord de la cave" est de la plume de l'auteur flamand Erwin Mortier (° 1965), qui est surtout connu comme prosateur. Plusieurs romans de Mortier ont paru en traduction française.

 

Erwin Mortier

Sur le rebord de la cave

 

Que ne puis-je garder le silence comme les cruches,

économiser comme les bocaux. Sereinement

et à rebrousse-poil, conserver.

 

Qui sait qui un jour me délestera.

 

Ici je traduirais le temps comme une ivresse,

une béatitude, quand tourbillonnant je me consume

en lampées goulues. Ensuite,

 

comme tout ici, rester ouvert à jamais.

Ni vide ni désolé. Ma propre

éternité. Être bu,

 

bu et savouré.

 

Traduit du néerlandais par Frans De Haes.

 

 

Erwin Mortier

Op het kelderboord

 

Kon ik maar zwijgen zoals kruiken,

sparen als bokalen. Onverstoord 

en tegendraads bewaren.

 

Wie weet wie ooit mij zal ontladen.

 

Hier zou ik tijd vertalen als een roes,

een zaligheid, wanneer ik kolkend

in gulzige teugen opga. En dan,

 

als alles hier, voor altijd openstaan.

Leeg noch troosteloos. Mijn eigen

eeuwigheid. Gedronken zijn,

 

gedronken en genoten.

 

Uit "Vergeten licht", Meulenhoff, 2001.

 

Photo L. Blanquaert. 

 

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