Les ambitions transfrontalières du Réseau Franco-Néerlandais

Les ambitions transfrontalières du Réseau Franco-Néerlandais

Le Réseau Franco-Néerlandais (RFN), installé à Lille et La Haye, cherche à renforcer sa position et à impliquer aussi la Belgique dans cette collaboration. Dans cette optique, il veut obtenir une personnalité juridique plus stable. Le 8 mars s'est tenue à Bruxelles une réunion exploratoire à laquelle a participé Luc Devoldere, rédacteur en chef de "Septentrion". Voici son compte rendu.

Le Réseau Franco-Néerlandais - RFN a pour mission de renforcer la collaboration entre les Pays-Bas et la France dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le bureau néerlandais est établi auprès de la "Nuffic", l’organisation néerlandaise pour l’internationalisation de l’enseignement, à La Haye; son pendant français est établi à l’université de Lille.

Le réseau ne manque certes pas d’ambition. Il souhaite renforcer sa position et obtenir une personnalité juridique plus stable. Il explore pour cela la piste de la forme juridique d’un GECT qui impliquerait aussi la Belgique outre la France et les Pays-Bas. Le Groupement européen de collaboration territoriale est un instrument de coopération au service des pouvoirs locaux, régionaux et nationaux, dont le but est de faciliter et d’encourager la coopération. Le premier GECT dans l’Union européenne a été l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, créée en 2008.

Le 8 mars s’est tenue au Comité européen des régions une réunion exploratoire. Des parties intéressées des trois pays avaient été invitées par le Réseau Franco-Néerlandais de Lille. L’agenda et l’invitation étaient rédigées en anglais, mais sur place, les discussions eurent lieu en néerlandais et en français, avec de la traduction simultanée dans les deux sens.

La France dispose de réseaux analogues au RFN avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, mais le réseau franco-néerlandais cherche manifestement à s’accroître en intégrant le territoire intermédiaire, la Belgique, comme membre à part entière. Dans un GECT, les trois pays fourniraient un tiers des membres avec droit de vote. Quant à la répartition des voix belges entre les différents niveaux (régional, fédéral), le RFN en laisse sagement l’entière responsabilité aux Belges. Ce qui pourrait s’avérer assez compliqué. Les principaux objectifs du GECT seraient très proches du fonctionnement actuel: une priorité est donnée à la mobilité d’étudiants et d’enseignants, sans oublier la recherche, la formation, les débouchés sur le marché du travail et la synchronisation des réglementations en matière de diplômes.

Il est apparu lors des débats que des acteurs importants comme la "KULeuven" ou la province de Gueldre avec ses universités de Wageningue et de Nimègue attendent une plus-value manifeste du projet. Les universités coopèrent déjà souvent bilatéralement et ad hoc. Qu’est-ce qu’un GECT pourrait y ajouter? L’importance de la connaissance des langues a été fortement soulignée. La connaissance du français a fortement diminué aux Pays-Bas. La connaissance du néerlandais en France est fort modeste, exception faite pour le département du Nord où il a acquis une certaine place dans l’enseignement primaire et secondaire. En Belgique aussi, la connaissance du français est en baisse en Flandre, alors que celle du néerlandais n’a jamais été très bonne en Wallonie. Faudra-t-il dès lors communiquer en anglais dans le GECT, comme c’est déjà le cas dans tant de contacts bilatéraux entre universités? Les participants semblaient cependant être conscients de l’importance de la connaissance de la langue du voisin européen. Peut-être que l’insistance sur cet aspect pourrait constituer pour ce nouveau GECT un ‘unique selling point’, c’est-à-dire d’utiliser en effet la langue de l’autre? Ce serait très "européen". Présidant cette réunion, le directeur du RFN, Thomas Beaufils, a de toute façon tenu un plaidoyer en faveur d’une interculturalité et d’une ouverture véritables, exprimant sa conviction que cette forme d’organisation européenne peut jouer en cela un rôle positif.

Sans aucun doute à suivre…

 

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